Reporters
Neveen Shalaby
Âge : 31
Pays : Égypte

« Je pense que le plus grand malentendu au sujet des bidonvilles ici, en Égypte, c'est que les gens pensent que tous ceux qui vivent dans des bidonvilles sont des criminels et qu'il faut les éliminer. Les problèmes les plus graves auxquels on se heurte dans les bidonvilles ce sont l'ignorance, les problèmes de transports, le manque d'eau, la pollution, le chômage, la drogue, le surpeuplement et la violence.
Si je ne devais réaliser qu'un seul film au sujet des bidonvilles il porterait sur les expulsions et le déplacement des paysans qui sont chassés de leurs terres pour permettre la construction de stations touristiques.
Les droits humains sont importants pour moi, c'est certain. Comme il n'y a pas de démocratie ni de justice dans mon pays je suis constamment en quête des droits humains.
Quel est mon message pour les spectateurs ? Nous ne vivons pas seuls sur cette planète et nous devons penser aux autres. »
Caren Atieno Otieno
Âge : 29
Pays : Kenya

« Plusieurs de mes proches vivent dans des bidonvilles, et après chaque visite je ressens un certain malaise. Je pense que ce n'est pas une vie pour des êtres humains. D'un autre côté, l'une des plus grandes erreurs au sujet des bidonvilles c'est de croire qu'ils sont dangereux et qu'ils abritent des bandits. C'est peut-être vrai dans certains secteurs mais la plupart des bidonvilles sont très sûrs si vous marchez sans hésitation, en ayant l'air de savoir où vous allez. C'est ce que je fais tout le temps et ça me permet de me fondre parmi les autres.
Le message que je souhaite adresser aux spectateurs c'est que dans les bidonvilles il y a des gens qui ont un grand rêve. La plupart de ceux qui s'échinent à réaliser leur rêve finissent par voir leurs espoirs anéantis car certains rêves sont plus facilement accessibles quand on a de l'argent. L'un de ces rêves c'est l'éducation.
Si je ne devais réaliser qu'un seul film sur les bidonvilles, ce serait au sujet d'une famille et de la vie que mène chacun de ses membres de l'aube jusqu'au crépuscule : le père qui se lève à l'aube et qui doit faire des kilomètres de marche pour aller au travail, les enfants à la maison et à l'école, et comment se déroule la journée de la mère.
La plus belle chose que j'ai vue dans les bidonvilles c'est l'amitié. Tout le monde connaît tout le monde et les gens se saluent par leur nom. Et puis ils s'occupent les uns des autres. C'est comme une seule grande famille.
Le plus grand problème pour ceux qui vivent dans des bidonvilles c'est le logement. C'est très difficile pour une famille entière de vivre dans une maison en tôle qui n'a qu'une seule pièce, sans parler de l'absence de toilettes et de douches et du manque d'eau salubre. Et bien sûr il y a le chômage.
Les droits humains sont très importants pour moi. Chaque être humain mérite de vivre dans la dignité et d'être traité avec respect. Les droits fondamentaux à un logement digne de ce nom, à la nourriture et à des vêtements sont des droits dont devraient jouir tous les êtres humains, surtout les enfants, qui n'ont aucune idée des raisons pour lesquelles ils vivent dans telles ou telles conditions. »
Slum Stories veut donner la possibilité aux personnes vivant dans des bidonvilles de raconter leur propre histoire. Ces histoires ne reflètent pas nécessairement la position d’Amnesty International.
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Réalisé avec le soutien de la loterie nationale néerlandaise :

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